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1939 - 1945
Le 13 mai 1940, les Allemands, en attaquant la neutre Belgique et effectuant avec les véhicules blindés, les motos et les bombardiers Domier et les chasseurs Stukas, une " trouée de Sedan " envahirent la France par les Ardennes en contournant la ligne Maginot par l’Ouest. C’est à cheval, puis à pied et à cheval, que, le 15 mai 1940, la 3ème Brigade de Spahis, sacrifiée par un état-major dépassé, équipée de trois canons, résistait pendant dix heures aux blindés de la 1ère Panzerdivision à La Horgne, au sud-ouest de Sedan au sud de Charleville-Mézière, dans les Ardennes, détruisant 12 Panzers : " à l'issue des combats il y avait 700 morts ou disparus dans les rangs des Spahis, dont les deux chefs de corps, le colonel Burnol, commandant le 2ème régiment de Spahis algériens, et le colonel Geoffroy, commandant le 2ème Régiment de spahis marocains. " GLOIRE DES SPAHIS, Colonel Yves JOUIN … A la mobilisation de septembre 1939, plusieurs groupes de reconnaissance divisionnaires sont constitués à l'aide d'éléments de spahis en France, en Afrique du nord et au Levant. Le 13 mai, après la percée du front à Sedan, les panzers de Guderian foncent vers l'ouest et nos troupes sont rejetées, au nord, sur la Meuse et, au sud, sur la route du Chesne. La Horgne, 15 mai 1940 Dans l'intervalle s'ouvre, entre la IXe et la IIe armée française, une brèche de huit kilomètres où, le 14, s'établit la 3e brigade de spahis (2e R. S. A. et 2è R. S. M. ), placée sous le commandement du colonel Marc. Des renforts sont attendus avant le 15 mai au soir, mais il faut tenir jusqu'à leur arrivée en organisant un centre de résistance dans le village de La Horgne, au milieu de la trouée, entre Poix-Terron et Baâlons. Après cinq jours de combats en Belgique et sur la Meuse, les effectifs sont déjà fortement entamés. Pour la brigade entière, ils ne dépassent pas la valeur d'un régiment avec des moyens antichars encore plus restreints. La position, dans un pays vallonné et couvert, se réduit au village de La Horgne, qui commande plusieurs routes sur l'un des axes de marche de l'ennemi. En toute hâte, des barricades doublées d'abattis sont construites aux carrefours tandis que tous les chevaux et bagages sont dirigés sur l'arrière. Dès le 15 mai au matin, le contact est pris par des éléments légers de la 1ère panzerdivision, qui va être obligée d'engager la plus grande partie de ses moyens pour venir à bout de la résistance de nos cavaliers nord-africains. Utilisant au mieux leurs trois canons antichars, les spahis stoppent dans la matinée deux contre-attaques appuyées par des blindés, mais la faiblesse de nos moyens et l'importance de nos pertes rendent vite la lutte inégale. Dans l'après-midi, la 3e brigade est encerclée et, malgré l'incendie du village, les combats vont se poursuivre au corps à corps dans chaque maison et autour du cimetière. En fin d'après-midi, après la destruction de leurs engins antichars et l'épuisement de leurs munitions, une cinquantaine de survivants du 2e R. S. A. , sous les ordres du colonel Burnol, essaient de s'ouvrir un passage les armes à la main. Comme beaucoup d'autres, le colonel tombe en combattant après avoir réussi à dégager une partie de son détachement. Ils ont eu aussi leur "Camerone": la Horgne Pendant ce temps, l'étau ennemi se referme sur les Marocains, dont le chef, le colonel Geoffroy, est à son tour mortellement frappé en organisant une ultime résistance. À 17 heures, les Allemands occupent les ruines fumantes de La Horgne après avoir payé chèrement leur " conquête " de la perte de douze chars et d'une centaine d'hommes. En se sacrifiant presque totalement, la 3e brigade de spahis avait rempli sa mission en empêchant, pendant une demi-journée, la progression des éléments blindés ennemis… La Grande Randonnée de juin 1940, ramena encore à d’autres réalités : "durant ces quinze plus beaux jours du plus beau mois de l’année et dans la campagne la plus épanouie ", 230 chevaux embarquèrent en gare de Rambouillet dans une caravane de 47 wagons " pour accomplir les ¾ d’un tour de France, voyant défiler les paysages de l’Ile de France, de la Beauce, de la Touraine, de l’Aquitaine, du Languedoc et de la Provence pour remonter ensuite jusqu’à la Drôme, débarquer à Livron, près de Montélimar " et vivre " quatre jours d’étapes touristiques " jusque dans les Alpes : 115 km qui offrirent à défaut d’autre utilité, celle de parfaire cette fameuse mise en condition, avec l’ascension du Col de Cabres à 1 180 mètres. Il s’agissait de faire face, près de la frontière italienne, à une " très éventuelle " déclaration de guerre. Ensuite le train ramena l’escadron " ordinaire ", enrichi de deux pelotons de spahis, près de Vernon, dans l’Eure. " C’est là que fut enfin donné le départ du Grand Raid : 500 km en 12 jours émaillés de combat. Des confins du Vexin et de la Normandie puis aux abords de Dreux, Chartres encore, Châteaudun, Amboise, aux bords du Cher, de la Vienne et finalement de la Dordogne, "… " une mission dont les circonstances ont voulu qu’elle ressemblât à la fois à une randonnée touristique et à une peine de travaux forcés. L’étape " au finish " (110 km) conduira, selon l’endurance de chacun, au passage de la Loire ou… à la captivité ". En 1940, la " force mécanique " avait vaincu la " force de l’homme "…une nouvelle civilisation, celle de la voiture automobile, allait remplacer rapidement la civilisation hippomobile " Au cours de l'hiver 1944-1945 fut reformée la 1ère brigade de spahis avec deux régiments à cheval : le 7e Régiment de Spahis Algériens et le 5e Régiment de Spahis Marocains, pour tenir garnison dans l'est et le sud-ouest de la France. Le 6 mai 1945, jour de la capitulation de l'armée allemande, ce régiment atteindra le col de l'Arlberg et les spahis, comme en 1918, auront été parmi les principaux artisans de la victoire. " (2003, JOUIN) Après la seconde guerre mondiale, des régiments de spahis stationneront en Allemagne et en métropole avant de rejoindre l'Afrique du Nord. Le 7e groupe de spahis algériens créé à Senlis constituera " la dernière unité à cheval de l'armée française " jusqu'à sa dissolution en 1962.
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