|
ARMAND
1777 - 1784 : "colonel Armand" en AmériqueLe 25 février 1780, par décision du Congress les rescapés de la Pulaski’s Legion furent incorporés à la Armand’s Legion. Tandis que Pulaski était encore à rechercher l’appui de Franklin à Neuilly, le breton Charles Armand Tuffin, marquis de la Rouërie, né à Fougères le 14 avril 1751,embarqué de Nantes sur le Morris et arrivé à la nage, son navire, attaqué par les anglais s’était échoué avait déjà reçu ses épaulettes de colonel de la part du Congress dès le 10 mai 1777 en succession du Ottendorf’s Corps, le mercenaire Baron de Ottendorff ayant déserté. Amand avait appris l’anglais et l’allemand avec son précepteur mais il ne sera nommé brigadier général que le 26 mars 1783 à 32 ans. Il avait repris sous son commandement la Pulaski’s Legion, réalisé l’enlèvement de l’anglais Baremore le 8 novembre 1779 par un raid d’anthologie et contribué courageusement à la victoire finale de Yorktown en 1781. John Stutesman a consacré une étude, Colonel Armand and Washington’s Cavalry au rôle de premier plan que le futur chef de la Conjuration bretonne avait joué dans la fondation de la cavalerie américaine. Deux ans avant son départ, le colonel Armand avait bâti un plan d’action pour réformer la cavalerie de la Continental Army, qu’il soumettra à Washington : Colonel Armand’s Cavalry School. Il s’engageait à effectuer l’instruction des recrues de la cavalerie « Mais on n’en fera pas des maîtres d’équitation. Ce n’est pas en cela qu’ils seront utiles ». Il proposait des « rendez-vous » pour regrouper les recrues « de l’âge et de la taille voulus », attachés à la défense de leur sol car « ne sortant pas de la basse classe du peuple, mais de gens ayant un peu de biens, comme des fermiers » … « qui ne déserteront pas et dont la propriété est pour eux un intérêt en plus de la défense de la liberté de leur pays … la cavalerie apprendrait à se conduire sur le champ de bataille, à faire une guerre de raids souvent rendue nécessaire par la nature de ce pays et comment agir comme une pleine division le jour d’une bataille générale ou lorsqu’ une occasion se présente. Là les troupes apprendraient à tirer parti du terrain, à y arriver rapidement ou lentement selon le cas, mais toujours en ordre…on leur apprendrait enfin le soin quelles doivent avoir de leurs chevaux…il n’y a pas d’hommes qui, par nature disposent des moyens possédés par les Américains … je ne ferais pas de mes cavaliers des moniteurs d’équitation, mais ils seraient rapides cheval, les conduiraient avec souplesse, là où ils veulent les faire aller, gardant le bras droit toujours libre…ce camp d’instruction n’est pas fait pour la parade, mais pour la guerre…un officier instructeur aurait à rester en permanence à cette école de cavalerie. Aucune recrue ne pourrait y rester plus de trois mois… », la paix survenant, les choses en resteront là. Et pourtant … Inspiré des mêmes valeurs de responsabilité, de fidélité et de liberté que Pulaski, le Colonel Armand aura l’occasion de militer pour l’autonomie de sa terre natale, mais une chute de cheval dans la forêt de la Hunaudaye en Côtes d’Armor, à cause d’une fondrière cachée par la neige une nuit froide de janvier 1793, lui sera fatale, poursuivi qu’il était par les Bleus. Il avait 43 ans.
|