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Dangers
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Le cheval, véhicule menacé En 2000, en France, 80 % des ménages avaient une voiture. Les Français possédaient 28,5 millions de voitures contre 16,7 millions en 1980. En 2000, Les Haras Nationaux connaissaient 349 000 équidés en France, (avant leur recensement obligatoire). Le 20e siècle a été celui de l’accélération des progrès des transports, des communications, des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. La Science et les techniques ont apporté à l’Homme des médias nouveaux qui ont accéléré la mondialisation, sur terre et dans l’espace. Les Trains à Grande Vitesse, TGV, rapprochent et développent les métropoles, les trains passent même sous la Manche. Dans les airs, les avions gros porteurs ont démocratisé les voyages exotiques tandis que le Concorde dépassait la vitesse du son. Sur l’eau, les hydroglisseurs rapprochent la Corse du continent tandis que les supertankers et les paquebots de luxe menacent ou admirent nos littoraux. Et, par-dessus tout ça, les satellites affranchis des inconvénients des forces gravitationnelles tissent la toile d’un grand monde libéré " wild. wide. world ". En contre-pied à ces progrès, en éloge de la lenteur, les marathoniens sont de plus en plus nombreux, les navigateurs solitaires cassent de plus en plus de voiliers sur la Route du Rhum, les cyclistes peinent plus nombreux dans l’ascension de l’Alpe d’Huez, la Fédération Française d’Aérostation et ses montgolfières fait son entrée au Comité national Olympique et Sportif Français, CNOSF. Le cheval, lui, est devenu un compagnon domestique, attribut d’une néoruralité, et parfois, véhicule sportif tout terrain, il cherche sa voie parmi une diversité exponentielle de moyens de communication. La médiologie devient une science. Le " capital spatial cavalier " français au XXIème siècle, capacité de domination de l’espace à cheval, a pour variables : les capacités propres du cavalier-sujet, la qualité de sa cavalerie et de l’environnement qu’il sait fréquenter et que l’on peut appeler de façon générique le " chemin ". Le capital spatial cavalier est aussi l’expression d’une culture. Pour être efficace, il doit transiger de plus en plus avec un autre capital spatial : il ne suffit plus de disposer du cheval pour pouvoir le déplacer : le van automobile est souvent requis pour transporter l’animal, le cavalier doit aussi disposer d’un capital spatial automobiliste. Le capital spatial cavalier doit de plus en plus être associé au capital spatial automobiliste voire à celui du jet setter. Ces capitaux spatiaux facilitent le " capital de mobilité " du cavalier et de sa monture. En même temps, celui-ci est limité par les capitaux spatiaux des autres usagers sur les mêmes métriques, territoires et réseaux, avec d’autres moteurs de déplacement, chaussures de marche ou de jogging, vélos, VTC ou VTT, rollers, quads, motos vertes, SUV, quads. Alors qu’un cheval permet de parcourir deux lieues à l’heure (8 km/h) à la vitesse du pas, et dix lieues par jour, l’automobile, limitée par la réglementation, permet de parcourir vingt fois plus de terrain pour un effort physique humain du même ordre. Les réseaux satellitaires ont même affranchi l’individu-sujet* des nécessités physiques de déplacement. Cependant, on peut encore écrire, malgré tous les nouveaux média, " à cheval, on voit mieux ".
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La concurrence des chevaux vapeurs Jusqu’à la fin du XIXème siècle, le cavalier émérite disposait d’un capital spatial, supérieur à tous les autres voyageurs, sur tous les continents habités. Le réseau routier avait aussi été conçu pour les chevaux attelés, le capital spatial du cheval était exploité par le voyageur assez fortuné. Créées pour les roues des chars puis des diligences et des malles-postes, les routes du XIXème siècle ont subi, depuis, le goudronnage qui s’est répandu jusqu’au tréfonds des campagnes. L’agonie a duré jusqu’aux années mille neuf cent soixante en France. Le chemin, exempt du progrès développé par l’écossais Mac Adam, est devenu une denrée rare dans les régions urbanisées ou à agriculture industrialisée, en France. Il est devenu un atout pour des régions-refuges comme les Cévennes. En France, de 1815 à 1962, sous des formes utilitaire, militaire, sportive ou récréative le monde du cheval a dû faire preuve d’imagination et l’administration des Haras a pu lui donner les délais conséquents pour s’adapter. Le bitume, le train, la bicyclette et l’automobile ont changé les habitus* cavaliers. Les habitus cavaliers d’avant 1870 et ceux d’après 1968 ne sont pas les mêmes que ceux de l’an 2000. La forme utilitaire s’était épanouie dans le domaine des transports et dans le domaine agricole. La forme militaire a été mêlée à un jeu de résistances politiques de domination de l’armée ou plutôt de la société militaire envers l’agriculture d’une part et envers l’olympisme naissant d’autre part. La forme sportive a d’abord envahi les champs de courses puis les stades équestres. La forme récréative est maintenant en interaction directe avec les changements récents de la société française avide de plein air. Cette concurrence peut-elle se transformer en coalescence, les deux civilisations automobiles et cavalières peuvent-elles réussir à grandir ensemble ? C’est un enjeu contemporain qui n’est pas débattu suffisamment.
Choc de civilisations L’opinion publique, toujours hygiéniste et de plus en plus écologiste assimile le cheval à un danger pour la santé des pédestres et des sols naturels qu’ils empruntent. Les chevaux sont déclarés indésirables sur les sentiers forestiers sous prétexte que ces chemins ont été interdits aux véhicules automobiles tous terrains pour assurer la sécurité et le confort des promeneurs, promenés par leurs chiens, une fois par semaine, … (après avoir laissé la berline sur le parking dédié à cet effet et s’être doté du dernier dépliant quadrichrome de l’Office de tourisme qui fait la promotion de ses édiles). En dehors des espaces qu’ils ne croient pas policés, ils se lancent à " l’aventure sans le risque " plus ou moins équipés des dernières chaussures du supermarché de sport et du vêtement assorti. Le 18 décembre 2002, l’éditorial du quotidien Le Monde titrait : " Route, le tournant " : la civilisation de l’automobile était critiquée par les représentants politiques de la société, le gouvernement prenait des mesures drastiques pour lutter contre la " violence routière ", préconisant plus de contrôles, plus de sanctions. Repérée en France comme une des plus dangereuses de l’Europe de l’Ouest, " la route n'est pas un espace individuel ; elle est un espace collectif, à réglementer comme tel ". Avec 8 000 morts, par an, dont 20% de jeunes, responsables ou victimes, la société française " automobiliste " se remet en question. La cohabitation des deux civilisations, hippomobile et automobile, peut être conflictuelle. C’était un problème occulté, il revient à l’ordre du jour parce que les chevaux n’ont pas disparu alors que règne l’automobile. Les marques automobiles, sans parler de la célèbre marque Ferrari, utilisent même les chevaux comme emblèmes publicitaires, on se souvient aussi des " chevrons sauvages " de Citroën. Comme la voiture contemporaine, ils sont symboles de liberté individuelle, d’individuation, et de solidarité rapide et lointaine, c’est à dire de socialisation.
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