CESAR Jules, 101 - 44 av. J.C.
En 52 av. J. C. , Jules César écrivit la Guerre des Gaules. Sa lecture attentive montre bien que la civilisation du cheval a des constantes sur plusieurs millénaires. Les cavaliers modernes s’y retrouvent très bien dans les difficultés techniques que l'armée romaine avait à résoudre.
Sur les 403 chapitres qui composent les 8 livres dont 7 écrits par César lui-même, pas moins de 186 chapitres font état d’un fait d’équitation.
Jules César était « un homme de cheval », les livres écrits par lui surpassent en détails équestres le dernier livre :
par exemple, « ces cavaliers ayant poursuivi l’arrière garde avec trop d’ardeur, engagent le combat avec la cavalerie des Helvètes dans un lieu désavantageux, et un petit nombre des nôtres reste sur le terrain » : les chevaux travaillés en anaérobie paient leur dette d’oxygène, qui veut aller loin ménage sa monture.
« Dumnorix et ses cavaliers avaient donné l’exemple de la fuite et c’était leur fuite qui avait effrayé et entraîné le reste de la cavalerie » : l’instinct grégaire amenait déjà bien des désagréments au cavalier « embarqué ».
« Les Eduens repoussés, subissant un grand désastre, y perdent leur noblesse, tout leur Sénat, toute leur cavalerie » : le cheval était déjà bien placé dans l’échelle sociale.
« Six mille fantassins et autant de cavaliers s’étaient mutuellement choisis…l’exercice les avait rendus si agiles qu’en se tenant à la crinière des chevaux, ils les suivaient à la course. . » : cette pratique des Germains donne lieu actuellement à un sport aux Etats-Unis et en France (1987-1990) qui s’appelle le « ride and tie ».
Des Germains, les Suèves, « n’utilisent même pas ces chevaux étrangers qui plaisent tant dans la Gaule, et qu’on y paie si cher ; Mais, à force d’exercer chaque jour ceux de leur pays, qui sont petits et mal faits, ils les rendent très endurants. Dans les combats de cavalerie, il leur arrive souvent de sauter à bas de leurs chevaux et de se battre à pied : ils ont dressé les chevaux à rester en place et les rejoignent vite, si besoin est ; rien n’est plus honteux et ne trouve plus de mollesse à leurs yeux que de faire usage de selles » ; César nous apprend que la Gaule était déjà exportatrice d’équidés, qu’on savait pratiquer la voltige et que les concurrents du TREC n’ont pas inventé le test de l’immobilité.
Déjà, en Gaule, le cheval était un attribut des classes sociales dominantes : « Dans l’ensemble de la Gaule il y a deux classes d’hommes qui comptent et sont considérés ;…Les druides…L’autre est celle des chevaliers…ils prennent tous part à la guerre ; et chacun d’eux, selon sa naissance ou l’ampleur de ses ressources a autour de lui un plus grand nombre d’ambacs ou de clients. C’est le seul signe de crédit et de puissance qu’ils connaissent».
César a eu des problèmes avec l’orientation et la météorologie, qui nous renseignent sur l’état de la voirie : il parle des « forêts, avec leurs sentiers incertains et invisibles », des Cévennes « couvertes d’une neige épaisse qui empêchait de passer… sur une profondeur de six pieds… jamais en cette saison même un voyageur isolé n’avait pu passer par les sentiers ».
Il ruse avec les équitations : « il fait sortir du camp un grand nombre de bagages et de mulets, enlever leurs bâts à ceux-ci, et faire le tour des collines aux muletiers coiffés de casque, qui ont l’air d’être des cavaliers ».
Les chevaux avaient déjà peur de l’eau et des vagues : les Bretons « envoyèrent en avant leur cavalerie et ces chars… et poussaient sur nous des chevaux qui avaient l’habitude de la mer ». C’est d’ailleurs parce que ses chevaux renâclaient à embarquer sur ses galères que la cavalerie de César ne put le rejoindre en Grande- Bretagne